Jesus, la vie quotidienne d’un maître

Par Olivier Manitara

Dans son dernier livre, l’auteur nous explique comment il est parvenu à entrer dans une mémoire des traditions pour y puiser des scènes inédites de la vie de Jésus. Il appelle ces scènes les fragments du cinquième évangile, dont il partage pour les lecteurs de L’Essentiel quelques passages.
Après les manuscrits de la Mer morte, qui ont révélé au monde l’existence des communautés esséniennes et leur lien avec Jésus, il m’a semblé important de se pencher d’une nouvelle façon sur la vie de ce Maître et ainsi d’approfondir les origines du christianisme. C’est ainsi que j’ai découvert que chaque scène de la vie du Christ était reliée à une sagesse qui nous touche toujours en plein coeur, deux mille ans après.
Un jour, le Maître Jésus rencontra un homme plongé dans les tourments et le désespoir. Il souhaitait fortement mettre fin à ses jours. Il y pensait de plus en plus et se trouvait sur le point de passer à l’acte. Il rencontra le Maître au détour d’un chemin et cette apparition d’un fils de la lumière l’interpella. «On ne rencontre pas un tel être par hasard» pensa-t-il. Il y vit un signe de Dieu. Avec respect, mais aussi par bravade, il exhorta le Maître à lui expliquer le sens de la vie et à lui donner une bonne raison de vivre sur la terre.
Le Maître comprit tout de suite à qui il avait à faire et, avec la douceur et la disponibilité qui le caractérisaient, il répondit cette parole qui se trouve maintenant dans les évangiles : «Marche tant que tu as la lumière, de peur que les ténèbres ne te saisissent car celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. Tant que tu as la lumière, crois en la lumière afin de devenir un enfant de la lumière.»
Cette parole a eu un effet extraordinaire sur cet homme. Il comprenait que son désespoir et ses envies suicidaires ne venaient pas de lui mais de démons, d’êtres ténébreux qui voulaient lui voler sa vie, sa raison d’être, sa lumière. Il avait vécu jusqu’ici sans réellement savoir pour qui, et sa vie avait perdu son sens.
Le Maître prit le temps de lui parler et de lui expliquer la parole plus en détail. Il lui dit que la terre était une école et aussi un chantier et qu’il était impossible de naître en son sein, de prendre un corps, sans avoir une mission, une tâche à remplir pour son bien personnel, celui de son prochain et celui de la terre.
Chaque chose qui apparaît sur la terre a une raison d’être, un but et s’inscrit dans un plan d’ensemble. Cette raison est la lumière qui doit guider la conscience de l’homme dans ses choix et dans ses entreprises. Lorsque cette raison guide l’homme, la lumière augmente en lui, sa conscience s’élargit, sa volonté se spiritualise. Cette lumière peut l’éclairer lui-même mais aussi projeter une clarté sur tout ce qui l’entoure et sur tout ce qui lui arrive.
Ainsi l’homme peut facilement lire et comprendre le grand livre de la vie et de la destinée.
En grandissant, la lumière finit par faire apparaître la présence de Dieu dans la vie. Lorsque le divin se manifeste au coeur de la conscience et de la sensibilité tout prend un sens nouveau.
Par contre si l’homme perd de vue le sens profond de sa vie, alors ce sont les ténèbres qui s’installent en lui et qui obscurcissent sa conscience et sa sensibilité d’âme. Cette obscurité intérieure attire les démons voleurs de lumière qui prennent possession de lui.
La raison de vivre est cachée en chaque homme et aussi en chaque chose. C’est uniquement celui qui éveille en lui la lumière qui peut le découvrir.
Le Maître expliqua que sur la terre vivaient deux fraternités : celle des ténèbres et celle de la lumière. On reconnaît ces deux fraternités à leurs oeuvres : celles du ténébreux sont sérieuses, tristes, pleines de pouvoir, de peur et de mort. Celles du lumineux sont joyeuses, remplies d’amour, de sagesse, de courage et de vie. La fraternité des enfants de la lumière a laissé sur toute la terre des oeuvres de lumière,
d’amour, de beauté qui glorifient le Père et sa création. La fraternité sombre a laissé des oeuvres de destruction et de domination.
Celui qui consciemment éveille en lui la lumière en découvrant la raison profonde de sa vie sur terre, celui-là est naturellement amené à rencontrer la fraternité de la lumière par la loi du soutien mutuel. C’est en les rencontrant et en agissant avec eux qu’il devient lui aussi un enfant de la lumière.
C’est parmi cette fraternité que sont nés tous les fils de Dieu, tous ceux qui ont réalisé le divin dans la vie et qui l’ont manifesté sur la terre en pleine conscience pour le bien de tous les êtres. Ainsi ils ont laissé l’empreinte de la divinité sur la terre, une oeuvre de lumière, un chemin à suivre, des symboles à interpréter. Par eux sont nés les écoles des mystères, les centres d’enseignement, les grandes cultures inspirées. Un enfant de la lumière peut réellement devenir un envoyé de Dieu, un Dieu en Dieu, qui change le devenir du monde. Beaucoup d’hommes peuvent par la suite marcher sur ses traces et permettre, par leur union, de préparer la future incarnation de la lumière.
Jésus a prononcé cet enseignement pour cet homme qui vivait dans l’obscurité et qui était au bord du gouffre de la mort volontaire. Sa souffrance était telle qu’il voulait entrer dans une nouvelle vie mais il ne savait pas comment s’y prendre.
Jésus lui indiqua que la raison de sa vie était inscrite au plus profond de lui, dans sa respiration. Là, dans le souffle, est le lieu de l’union consciente avec l’énergie du Père. Mais il ne fit pas que le lui indiquer, il lui montra avec toute la force de son âme la présence de la fraternité de la lumière et lui tendit la main.
Marcher sur un chemin de lumière, réaliser une oeuvre de lumière, ne se fait pas seul. Ce que l’homme fait seul est pauvre, ce qu’il fait en parfaite harmonie avec d’autres qui sont sur la même longueur d’onde que lui, est absolument magnifique.
Cet homme fut illuminé par le Maître, les démons de l’obscurité qui l’avaient asservis le quittèrent. Il s’engagea comme disciple et suivit toute sa vie le mode de vie des Esséniens ; non pas comme une discipline imposée et donc stérile, mais comme un moyen de manifester en lui la lumière et de glorifier la vie.
Ainsi il se mit au service de la lumière et devint un enfant de la lumière. Son nom fut inscrit dans le grand livre de la fraternité de ceux qui depuis l’aube de l’humanité se sont unis à la lumière.
Alors que le Maître Jésus traversait un petit village, entouré de quelques disciples, dans le but d’aller rendre visite à un marchand, un homme très malheureux parce que sa femme venait de mettre au monde un enfant difforme, s’approcha du Maître et parla avec lui. Il lui parla de son enfant car il essayait de comprendre pourquoi ce malheur le frappait. Cet homme était très croyant, il aimait Dieu et croyait aussi dans le Maître Jésus qu’il considérait comme un représentant de Dieu sur la terre. A sa façon, il était pieux et il était bien vu dans le village et la communauté. Mais dans son foyer, il battait sa femme, même lorsqu’elle était enceinte et se conduisait comme un tyran. Il était très autoritaire et sa femme n’avait rien à dire.
En le regardant, le Maître perçut tous ces faits et il lui dit qu’il n’était pas sincère, authentique car s’il avait été rempli par la lumière de Dieu jusque dans ses actes au quotidien, sa femme n’aurait pas mis au monde un enfant difforme. Il était, en vérité, le seul responsable et maintenant le fils devait payer pour l’oeuvre du père. Il lui dit cette parole : «Il y a de la lumière dans un homme de lumière et il illumine le monde entier. Par contre, celui qui n’a pas la lumière enfante l’obscurité.»
Cette parole du Maître, aussi dure qu’elle puisse paraître, dans le contexte où elle a été prononcée, n’était absolument pas un jugement, mais elle révélait une loi divine qui incitait à la réflexion.
Il est évident qu’il ne faut pas aller voir un Maître spirituel si l’on a peur d’être secoué et si l’on ne veut pas se transformer.
Cette parole ne concerne pas uniquement la procréation physique, mais également celle de l’esprit, de l’âme, de la pensée, des paroles, des sentiments, des états d’âme, des actes et des entreprises. Pour la sagesse, tout cela représente des enfants qui sont mis au monde par l’homme. Il est des vies, des destinées, des paroles qui deviennent profondément négatives parce qu’elles ont été mises au monde par les ténèbres intérieures.
Le Maître Jésus a bien expliqué qu’un enfant difforme n’était pas forcément négatif. Il était difforme parce qu’il est venu dans un monde qui lui correspondait. Ce monde a été enfanté par la violence du père. Ainsi l’enfant a répondu au monde de son père.
Le père s’est contenté de croire en Dieu en agissant en opposition à cette croyance. Le Maître a précisé que la plus grande faiblesse des enfants de la lumière résidait justement dans cette division intérieure qui les pousse à se désunir à l’extérieur entre eux. Ils pensent une chose et agissent dans la vie d’une autre façon. Cette attitude engendre le ténébreux et le conflit dans la vie. Seule l’unité apporte la force et la stabilité de la lumière.
Vivre dans les ténèbres ou la lumière est avant tout un choix et une responsabilité individuelle mais il faut comprendre que les conséquences sont toujours collectives. C’est justement la conscience collective qui nous renvoie à notre responsabilité individuelle.
Je me rappelle que le Maître a parlé longuement à cet homme de la nécessité de vivre les yeux et les oreilles ouverts et dirigés vers une analyse consciente de soi-même et de sa vie quotidienne. Il lui a aussi expliqué la nécessité de mettre de l’unité dans sa vie afin que les belles idées soient conformes aux actes.
L’homme a été très impressionné par les explications du Maître. Il a ouvert sa conscience et sa vie a changé. Il est devenu un époux attentionné et il a élevé son fils dans l’amour.
Grâce à cet homme, le Maître a prononcé une des plus belles paroles de sagesse qui soit :
«Il y a de la lumière à l’intérieur d’un homme de lumière et il illumine le monde entier. S’il n’a pas la lumière, il enfante les ténèbres.»
Le Maître Jésus était chez un marchand de chaussures, assis sur une chaise, pendant que l’artisan lui faisait essayer un modèle. Alors que le marchand lui touchait les pieds, celui-ci sentit dans son âme quelque chose de doux, de reposant, de calme. Presque instinctivement, il leva la tête et regarda le Maître dans les yeux, cherchant à découvrir le mystère de la douceur qu’il percevait. Un échange avec le Maître se fit d’âme à âme à travers les yeux, et, l’homme terrassé par l’amour qu’il avait pressenti, s’effondra sur le sol en pleurant.
Il expliqua au Maître que sa vie était difficile, qu’il était obligé de travailler très dur pour subvenir à la vie des nombreux membres de sa famille et pour pouvoir payer les impôts, les taxes et les dettes qu’il avait engendrés. Il avait l’impression d’être devenu un esclave, d’être asservi et de passer sa vie à payer ses impôts.
Le Maître le regarda dans les yeux avec douceur et amitié. Il voulait lui apporter un réconfort, non pas avec des mots, mais en lui touchant le coeur et en éveillant l’essence divine de son coeur. C’était un processus de guérison et d’initiation dans la lumière du Père. Cet homme plongea ses yeux dans ceux du Maître et lui offrit tout son désespoir. Le Maître prononça alors une parole de Dieu :
«Toi qui peines sous un lourd fardeau, viens à moi et mets-toi à mon école parce que mon joug est léger et douce est mon autorité.»
Le Maître lui expliqua de coeur à coeur que l’amour devait guider sa vie. Il devait être dans tout ce qu’il fait comme la première manifestation, le premier né du Père. C’est l’amour qui devait sortir de lui pour envelopper et nourrir tous les membres de sa famille. Alors il ressentirait en lui la légèreté et non la peur, le désespoir et la colère.
Il invita à contempler avec les yeux de son coeur toutes les merveilles que le Père avait pu offrir à l’homme dans tous les aspects de la vie ; que ce soit à travers la nature, le travail ou la famille. Il lui confirma que s’il retournait vers l’amour du Père, toutes ses souffrances seraient consumées parce qu’en lui vivait l’amour simple du coeur et que le coeur est au-delà de toutes les explications. Il est un organe spirituel qui trouve son accomplissement uniquement dans l’action d’aimer. Si l’homme agit dans sa vie sous l’inspiration de cette énergie, alors toute sa vie est entièrement renouvelée, transformée ; que ce soit dans la famille, la santé, le labeur ou la vie intérieure.
L’homme regarde le monde avec des yeux physiques et il le découvre d’après ce qu’il est physiquement mais s’il regarde avec l’intelligence du coeur, alors ce ne sont plus ses propres conceptions de la vie qu’il perçoit. Son coeur lui ouvre un nouvel univers, celui de la paix, de la douceur et du repos dans le Père.
Pour finir, le Maître l’invita à ouvrir son coeur à son Père et il lui affirma que tout le reste lui serait donné par surcroît.
«Viens à moi parce que mon joug est léger, et douce est mon autorité.»
Cette parole a une résonance «politique» et elle va beaucoup plus loin que ce que le Maître a expliqué à ce marchand de chaussures qu’il voulait consoler et guérir en lui révélant la puissance du coeur. Elle rejoint une autre parole : «Donne à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.» César est le tyran, le faux Dieu, celui qui asservit et qui détourne l’énergie du Père en faisant graver son image sur tout. Ainsi, ce marchand portait sur lui, dans ses corps subtils, l’image de César et il vivait pour lui. César n’est pas un homme, c’est un principe, un égrégore qui est nourri par tous les hommes qui lui appartiennent et qui le portent en eux.
Chaque petit tyran qui aspire à asservir la vie appelle et nourrit le grand tyran. Cet égrégore s’incarne régulièrement à travers des hommes et il met en place son système destiné à réduire toute forme de vie à l’esclavage et à la domination. C’est le gouvernement par la peur et par la puissance militaire.
Le Maître a voulu délivrer cet homme de cette empreinte éthérique en lui indiquant le coeur et aussi le Père comme étant le seul et unique Dieu. Lorsqu’un homme trouve le Père dans son coeur alors il peut échapper à l’impôt le plus terrifiant, celui de son esprit, de son âme, de sa vie.
Le joug du Père est léger, doux et empli d’espoir.

 

 

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